Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 08:00

 Valcanville : éléments de toponymie sur un chemin du Moyen age

Chemin-MA-020

 

Pour donner un aperçu de la variété des micro-toponymes qui composent le territoire valcanvillais, il a été choisi de suivre un axe qui est sans doute un des plus anciens de la commune : celui qui, venant de Quettehou, passe par la commanderie, l’ancienne école, le Mont Roty et Tronville pour s’en aller vers Tocqueville et vraisemblablement Gattemare. Ce chemin date au moins du haut moyen-âge et peut-être même de l’époque antique.

Les exemples illustrant cet article sont donc tirés de toponymes bordant ce chemin. Ils peuvent se regrouper en plusieurs thèmes.

 

 

 

 

 

1 Anthroponymes  

 

Une grande partie des parcelles ont gardé le nom d’un propriétaire. Cette attribution peut remonter au 18ème siècle comme au moyen-âge. Il est difficile, voire impossible d’en fixer l’époque, sauf à retrouver un acte notarié concernant la vente dudit terrain. Il peut s’agir d’un nom de famille, d’un prénom ou encore d’un surnom.

- Noms de famille : Pontus (le petit champ Pontu 1A), Crevon (Le clos Crevon 1B), Auvray (le jardin Auvray 1C – le champ Auvray 1D), Collas (le jardin Collas 1E), Davy (le clos Davy 1F), Bataille (le clos Bataille 1G), (Le) Goupil (le clos Goupil 1H), d’Anneville (le petit d’Anneville 1I).

- Prénoms : Madeleine (le clos à Madeleine 1J), Gion (le clos Gion 1K). Le premier des deux est plus moderne que le second, qui a disparu au milieu du 17ème siècle.

- Surnoms : Touinet – pour Antoine  (le clos Touinet 1L), Maugot – pour Marguerite (le clos Maugot 1M), Pierrot  - pour Pierre (le pré Pierrot 1N)

 

2 Le type de parcelle

Le clos : (du latin « clausum ») pièce de terre close

Le closet : diminutif de clos

Le champ : (du latin « campus »)

Le fruitier : arbres fruitiers (2C)

Le jardin 

La campagne : (du latin « campus ») plaine cultivable et ouverte à l’origine

Le pré : (du latin « pratum ») terre où l’on fauche les céréales ou l’herbe

L’herbage : prairie naturelle (2G)

La couture : (du latin « cultura », qui a donné en ancien français "colture", devenu "couture" après vocalisation du L). Le mot désignait alors un champ labouré, une terre cultivée et ensemencée.

Les communes : bien commun des paroissiens. Le plus souvent le roi ou le seigneur est le véritable propriétaire (avec redevances ou corvées).  

 

3 Activités

Le champ corderie (3A) : lieu de fabrication des cordes 

Les tanneries

chemin613-040

cadastre-a1-9

 

4 Voie et habitat

L’importance de l’axe N-S précité est validée par la présence de plusieurs parcelles portant le nom de « querrières » (« la grande querrière » à l’ouest du chemin, et « la querrière »,  « la petite querrière » à l’est de l’axe). Ce terme est issu de l’ancien normano-picard « carriere », « querriere », « queriere », forme dialectale de l’ancien français « chariere », issue du gallo-roman « carraria », lui-même dérivé du latin d’origine gauloise « carrus » (char). Il marque souvent le tracé d’une antique voie romaine (cf : la carrière Bertrand entre les Veys et Bricquebec).

Clos de croix : ce toponyme marque une croisée de chemins, même s’il n’y a pas de croix (latin crucem).

Le champ de chasse Motte (4C) : où l’on chasse les animaux (vers un pré).

De l’habitat a sans doute existé le long de cette voie. A deux endroits, des éléments vont dans ce sens.  

Pré à mur (4D): ce mot indique souvent des traces de substructions anciennes

La ville : du latin « villa » – il est envisageable qu’un village médiéval se trouvait là, à quelques centaines de mètres de la commanderie, et tout près des champs cultivés (les Coutures).

Clos de fosse : issu du latin « fossa »

L’enclos : il s’agit de l’enclos de la Commanderie, c’est à dire le terrain qui était entouré de murs, dont quelques fragments existent toujours.

5 Divers

La roche (5A) : indique la présence d’une grosse pierre ou un terrain pierreux

Le clos de Fontaine, le champ de la Fontaine : (latin populaire « fontana ») de source, du latin « fons » source

Le planitre (5C) : formé à partir du latin planus. Désignait en ancien français une surface plane, une place où l’on s’assemblait

Le clos de derrière (5D) : terrain situé derrière la maison du propriétaire

La perruque : dénote un terrain pierreux

Le clos de la chapelle, chapelle à l’urne : il s’agit de la chapelle du Mont Roty, située au carrefour de l’axe que nous suivons et d’une autre route ancienne, allant de Barfleur à Valognes et à Cherbourg. Cette chapelle est déjà présente sur la carte de Mariette, à la fin du 17ème siècle.

 

Vitte, origine inconnue, lieu où se tenait la foire de Sainte-Geneviève.

Pierre-Yves Jolivet

 

cadastre-B2-9

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Chemin-MA-030

Article de Pierre-Yves JOLIVET pour le bulletin municipal de valcanville N°4

Par Ph L - Publié dans : Valcanville/Canteloup
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 08:00

Les sites du réseau Vauban

VILLFRANCHE de CONFLENT

 Les animateurs et responsables Vauban sont venus la semaine dernière ou quelquechose d'approchant. La presse régionale a relaté leur visite à Tatihou et Saint Vaast la Hougue. Ils étaient satisfaits, le classement des sites au patrimoine mondial de l'UNESCO, a provoqué une augmentation de la fréquentation touristique de 20%. J'en suis ravi, mais cela ne m'apporte rien de plus sur la connaissance de ces lieux et j'aurais aimé lire autre chose. Histoire de me faire des copains, j'ai la prétention aujourd'hui de publier ce que j'aurais aimé voir.

 VILLEFRANCHE-V-PAYS-0092.jpg

 J'ai choisi de vous présenter Villefranche de Conflent dans les Pyrénées, non pas la ville mais les fortifications. je suis le circuit des fortifications.

 VILLEFRANCHE-V-PAYS-0065.jpg

Le chef d’œuvre du pragmatisme

 

Dominée de toutes parts au creux de la vallée encaissée de la Têt, la « petite vilotte », dont les murailles médiévales s’étirent le long du torrent, est transformé par Vauban en 1679.
L’ensemble du site, revu par l’ingénieur pour en assurer une meilleure défense, est constitué de 3 entités se couvrant réciproquement.
L’enceinte urbaine avec ses tours médiévales est renforcée sur les points faibles et entièrement couronnée d’une toiture de lauzes épaisses pour se protéger des tirs ennemis. Le front d’aval est renforcé par une grotte casematée, la Cova Bastera, reliée au village par un escalier souterrain. Enfin, en 1681, sur le seul point haut que l’attaquant pouvait occuper avec des canons, Vauban construit un fort, le fort Libéria, conçu pour abriter une garnison de 96 soldats.
A la fois par la qualité des matériaux utilisés et par l’adaptation au bâti existant et à la géographie du site, la cité de Villefranche-de-Conflent constitue un véritable chef-d’œuvre de la fortification, aujourd’hui conservé avec une remarquable authenticité.

 

Texte emprunté au site du réseau Vauban

http://www.sites-vauban.org/Presentation-du-site,54

 

 

 

 VILLEFRANCHE-V-PAYS-0055.gif
 Le Fort Liberia construit en 1681, les tours de Saint Vaast la Hougue ont été construites en 1693.

 

 

 

 

Par Ph L - Publié dans : Histoire locale - Communauté : Un petit coin de France
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